Depuis leur création, en 2010, les Agences régionales de santé (ARS) jouent un rôle essentiel dans la mise en œuvre des politiques de santé dans les territoires, au plus près des populations. Elles constituent un maillon essentiel entre la Stratégie nationale de santé et les réalités locales. Or, les hypothèses évoquées par le Premier Ministre à Albi, comme les menaces récemment brandies au Parlement se traduiraient par leur disparition, ou leur mise sous tutelle des Préfets, qui aujourd’hui relèvent avant tout du ministère de l’Intérieur. Surtout, ces hypothèses entraîneraient un éclatement du champ des compétences sanitaires et médico-sociales et une dislocation du pilotage du système de santé. Ces annonces ont créé une profonde inquiétude parmi les professionnels de santé, de la santé publique et de l’action sociale, les associations, les collectivités locales et les citoyens soucieux de justice sociale en santé.
Ces projets, s’ils se concrétisaient, porteraient un coup grave à la cohérence et à l’équité du système de santé français. Ils fragiliseraient la capacité du pays à réduire les inégalités sociales et territoriales de santé — pourtant déjà criantes — et détourneraient l’action publique de sa finalité première : protéger la santé de toutes et tous, sur tout le territoire…/…